
- TM lors d’une conférence de presse
Thierry MOUNGALLA s’explique sur les mobiles et les objectifs de cette initiative : « Aucune ambition politique ne peut autoriser que nous remettions en cause le bien le plus précieux pour nos compatriotes, c’est-à-dire la paix, la tranquillité publique »
L’actualité politique nationale a été marquée, samedi 28 février dernier, par la sortie officielle de l’INP qui regroupe, en son sein, plusieurs personnalités de diverses sensibilités politiques qui, elles, se sont engagées à faire aboutir le point de chute du processus électoral qu’est l’élection du Président de la République, en juillet 2009, dans la paix, mais aussi à soutenir la candidature de Denis SASSOU-N’GUESSO.
Nombreux sont les observateurs de la scène politique congolaise qui s’interrogent sur les motivations de la création de l’INP alors qu’à côté, plusieurs associations et regroupements politiques comme le RMP par exemple ont déjàmanifesté, avec force, leur soutien à Denis SASSOU NGUESSO dans la course présidentielle de juillet.
Thierry MOUNGALLAl’un des douze (12) vice-présidents, et porte-parole de cette initiative y répond : « je crois qu’en politique, chaque mot a une signification. Initiative Nationale pour la Paix :
Initiative veut dire qu’un certain nombre de cadres politiques et, surtout, des citoyens congolais, des membres de la société civile, ont décidé spontanément de se retrouver, de réfléchir et de mettre en place cette initiative.
Nationale, pare que nous avons pour vocation de couvrir l’ensemble du territoire national dans le cadre de cette association à caractère politique.
Pour la Paix : (…) vous me direz pourquoi la Paix ? Tout simplement parce qu’à l’orée de cette campagne présidentielle qui pointe à l’horizon, et au moment où un certain nombre de candidats déclarés sont entrain de battre les estrades, il convenait que ceux qui soutiennent et qui apprécient l’action du Chef de l’Etat, le Président Denis SASSOU NGUESSO, se retrouvent autour d’une idée qui une idée fédératrice (…) qui transcende, en réalité, les clivages politiques. Je dirais même une idée qui est constitutive de ce que l’homme d’Etat, Denis SASSOU NGUESSO, est, depuis son entrée en politique dans notre pays.
Je crois qu’il convient de rappeler à chacun de nos compatriotes que les passages successifs du Président de la République aux affaires, c’est-à-dire aux commandes de notre pays, ont été marqués par une idée force : c’est la paix des cœurs et la tranquillité des esprits ».
Cette idée force, pour Thierry MOUNGALLA, est même le soubassement des réalisations que le Chef de l’Etat a pu entreprendre à travers le pays, car, dit-il, « (…) la paix est ce qui caractérise l’essentiel du parcours du Président de la République et ce anime son action.
Et, au jour d’aujourd’hui, sans la paix les réalisations que vous évoquez ne pourraient pas être. C’est la paix qui favorise la reconstruction et le développement de notre pays.
Sans la paix, rien n’est possible. Et avec Denis SASSOU NGUESSO, nous pouvons espérer poursuivre, dans ce cheminement qui nous conduit vers une paix consolidée et, donc, rendre le développement de notre pays un peu plus possible encore ».
Seulement, dans l’opinion, l’on se demande si ce mouvement (l’INP) n’est pas de trop pour le RMP (Rassemblement pour la Majorité Présidentielle) ?
Ici, Thierry MOUNGALLA rappelle que : « (…) Nous avons dit tout à l’heure (lors du meeting de lancement de l’INP, NDLR), qu’il s’agissait d’une initiative spontanée d’un certain nombre de membres de la société civile et de cadres politiques. Une initiative citoyenne, c’est-à-dire qu’il ne s’agit absolument pas d’un parti politique, comme l’a rappelé le Président de la commission préparatoire de notre sortie, le ministre d’Etat Aimé Emmanuel YOKA. Il s’agit, au contraire je vous le rappelle quand même de préparer l’élection présidentielle, qui a une spécificité : l’élection présidentielle, c’est un contact direct entre le peuple et l’homme d’Etat qui sera amené à présider aux destinées de notre pays pour le prochain septennat ».
Bien entendu, les partis politiques concourentet c’est un élément d’ordre constitutionnel à l’ex-pression du suffrage. Mais vous aurez également remarqué que, dans le cadre de l’élection présidentielle, nous avons à atteindre, chacune et chacun des Congolaises et des Congolais, de manière à ce que y compris ceux qui ne s’intéressent pas à la vie politique classique ou qui n’adhèrent pas à un parti politique de la majorité présidentielle par exemple ces Congolais là soient impliqués, concernés par la problématique de l’élection ».
« Et quoi de plus rassembleur que de rappeler que notre candidat, c’est-à-dire que celui que nous souhaitons voir déclarer sa candidature au terme de son mandat – le Président Denis SASSOU NGUESSO porte, de ma manière constitutive, en quelque sorte dans sa ADN politique, les valeurs de paix et les valeurs de réconciliation et de reconstruction nationales. Je le rappelle quand même parce que nous avons parfois la mémoire courte – je reviendrai peut-être dessus tout à l’heure, mais le premier passage du Président de la République aux affaires a été remarqué par un développement continu de notre pays. Et puis, depuis 1997, il a patiemment reconstruit le tissu national de notre pays qui était gravement endommagé. Nous pouvons considérer, aujourd’hui, que le Président de la République a mis en œuvre ce qui nous permet de considérer le pays comme engagé au même temps dans la réconciliation, qui est un des moyens qui doit consolider la paix ; les exilés, pour l’essentiel, sont rentrés et se sont réinsérés dans la vie politique pour ceux qui l’ont souhaité ».
« Notre pays connaît aussi une phase aigüe de reconstruction confère le fait que chaque département bénéficie, aujourd’hui, des investissements nécessaires pour assurer son décollage et, surtout, nous avons une politique d’équité engagée, par le Président de la République, c’est-à-dire une politique qui permette à chaque département, tour à tour, de connaître ce qu’on appelle le municipalisation accélérée ».
« Réconciliation, reconstruction : voilà les deux mamelles à partir desquelles nous allons nourrir ce grand bébé qu’est la paix, qui doit être consolidée dans notre pays ».
Que pourrait devenir ce « grand bébé » au lendemain de l’élection présidentielle de juillet 2009 ?
A cette préoccupation, Thierry MOUNGALLA interpelle l’opinion lorsqu’il déclare : « je crois qu’il y a un danger. Et c’est le sens de notre appel de ce jour au ressaisissement de nos compatriotes à travers cette lettre à tous les Congolais c’est que la passion, parfois l’intolérance ou même l’amnésie individuelle ou collective pourraient nous conduire à écouter un certain nombre de marchands d’illusion ; un certain nombre de bonimenteurs, c’est-à-dire des personnes habituées à nous sortir des propos qui ne seraient pas conformes à la réalité, et que ces gens-là soient écoutés ou créent, dans notre pays les conditions qui remettent en cause ce climat de paix qui est chèrement acquit aujourd’hui ».
« Et donc, c’est à travers de notre point de vue l’appel à la candidature du Président Denis SASSOU NGUESSO que nous pourrons lutter contre ce danger et arriver, par sa réélection que nous souhaitons, à maintenir le cap vers une consolidation de la paix ».
La particularité de la composition de l’initiative Nationale pour la paix, notamment parmi les membres de la coordination, c’est la présence, en son sein, des personnalités qui n’ont pas signé d’accords, de quelle que nature soit-ils, avec le PCT (Parti Congolais du Travail, parti au pouvoir) ou le RMP.
« En attendant, l’INP va aider ces partis politiques à aller à la rencontre des électeurs et apporter le message qui consiste à dire que sans la paix, rien n’est possible. Je précise quand même (…) que les dirigeants de l’INP ont rencontré bien entendu, et ont discuté avec les principaux animateurs des partis politiques de la majorité : PCT et RMP. Il s’agissait de rassurer l’ensemble de nos partenaires sur la nature de l’INP et, notamment, sur sa nature ponctuelle. L’INP est appelée à accompagner le processus électoral jusqu’à l’élection du Président de la République. Et, l’INP aura vocation, à ce moment-là si son objectif est atteint ; pour nous, la réélection du Chef de l’Etat à disparaître. Voilà, je crois, ce qui doit être dit de manière très claire quant à nos rapports avec les partis de la majorité. Je vous rappelle que je suis, moi-même, membre du RMP », a expliqué Thierry MOUNGALLA.
Lors de la sortie officielle de l’INP, il a été lancé un appel pour une quête au plan national, « (…) alors je crois que là-dessus, il faut que soyons clair sur le concept de quête : d’abord, nos textes fondamentaux prévoient la disponibilité, pour une organisation politique ou une association en l’occurrence, de procéder à une quête publique. Cette quête doit être effectuée sur la base d’une autorisation demandée auprès du ministère chargé de l’administration du territoire. Eh bien, cette autorisation, nous l’avons obtenue et nous pouvons donc, aujourd’hui, lancer une quête ».
« Alors, quel est l’objet de la quête ? il faut que, là-dessus aussi, nous soyons absolument clairs (…) : l’objet de la quête, c’est demander à chaque Congolais qui se reconnaît dans ces valeurs de paix – ces valeurs donc qui transcendent les clivages politiques – de s’unir et de se montrer motivé pour soutenir la candidature attendue du Président de la République. Alors, nous proposons, de manière symbolique, à chaque Congolais, d’apporter une contribution de 100 Frs CFA.
Il s’agit de quelque chose de symbolique et non d’insignifiant.
C’est symbolique dans le sens où nous sommes confrontés, notamment dans notre arrière pays, à un certain nombre de compatriotes dont vous savez que les revenus sont assez faibles. Et nous avons considéré, de manière tout a fait responsable qu’il s’agissait, avec 100 Frs CFA, d’impliquer chacun de nos compatriotes et de lui permettre de se sentir solidaire de la candidature attendue du Chef de l’Etat.
Alors, je précise que, là-dessus, des messagers que nous avons appelé « messagers de la paix » vont sillonner notre pays à partir des tous prochains jours, pendant une période d’à peu près un (01) mois, et vont aller dans nos villes, nos quartiers, nos villages, se rapprocher de chaque citoyen congolais et leur demander de contribuer, de manière symbolique, à la campagne attendue du Chef de l’Etat.
Et, nous organiserons, dans un délai qui sera relativement court, une grande réunion politique au cours de laquelle nous espérons pouvoir remettre le produit de cette quête au Président de la République.
Enfin je tiens quand même à ajouter ceci sur cette quête de 100 Frs CFA ; prenons une image que tous nos compatriotes peuvent comprendre : quand vous vous mariez, c’est qu’à priori vous êtes prêt ; que vous vous êtes organisé ; mais cela n’empêche pas tous ceux qui sont solidaires de votre démarche, tous ceux qui la soutiennent, de vous apporter leur contribution ».
Là, il s’agit de la même chose. Le Chef de l’Etat, bien entendu, quand il sera candidat – ce que nous souhaitons – se sera préparé. Mais il s’agit, pour nous, de créer dans l’opinion un élan et une dynamique qui permettent de dire au Président de la République : le peuple Congolais, dans ses profondeurs, qui croit à ces valeurs de paix, a décidé de manière symbolique, Monsieur le Président, et loin des querelles et des chamailles politiciennes des officines de Brazzaville – de vous apporter massivement son soutien au travers de cette contribution, de cette quête nationale ».
« Voilà l’objectif, le but visé par la quête nationale. Ces sommes seront remises, le moment venu, à Son Excellence Monsieur le Président de la République ».
C’est par une « lettre à tous les Congolais », un document publié à l’occasion de sa sortie officielle, samedi 28 février 2009, que l’INP a pensé vulgariser ses idées et, par conséquent, amener les Congolais à se mobiliser pour l’élection du candidat Denis SASSOU NGUESSO.
Thierry MOUNGALLA s’est expliqué à ce sujet : « (…) nous avons choisi la Lettre, parce qu’il est des moments – comme il a été rappelé lors de la lecture – qui sont des moments fondamentaux de la vie d’un pays. Et nous sommes à un tournant, puisque l’élection présidentielle pointe à l’horizon. Et l’Homme, l’être humain, à ce signe particulier, c’est qu’il a souvent la mémoire courte. Nous avons décidé, à travers cette lettre, tout simplement de poser un acte qui consiste à rappeler ce que furent les moments douloureux que nous avons connus et que nous souhaitons ne plus jamais revoir dans notre pays ».
Je disais que l’homme a la mémoire courte – ça c’est une petite taquinerie que je me permets à l’égard de certains hommes politiques, candidats déclarés – vous voyez par exemple, il y a des hommes politiques qui ont « oublié » (amnésie assez sélective) qu’ils sont par exemple été, pendant cinq (05) ans, ministre des finances ! D’autres ont oublié qu’ils ont été premier ministre pendant la même période sous SASSOU I ».
« Voilà le type d’amnésie collective ou individuelle contre laquelle le Lettre que nous avons publiée (…) voulait lutter.
C’est de poser, effectivement, un principe qui consiste à dire qu’aucune ambition politique – je dis bien aucune ambition politique – ne peut autoriser que nous remettions en cause le bien le plus précieux pour nos compatriotes, c’est-à-dire la paix, la tranquillité publique.
Et, le débat de l’élection présidentielle qui arrive (…) nécessite que chaque candidat – plutôt que d’invectiver, d’injurier et de stigmatiser – présente à chaque Congolais et à chacune et chacun de nos compatriotes sa vision du Congo pour les sept (07) prochaines années (…).
Que nous nous tournions vers l’avenir (…). Le peuple attend dans ses profondeurs – je dis bien dans ses profondeurs – de voir se consolider cette paix sans laquelle rien ne peut être fait. Et je vous fais le parti (…), que le peuple congolais, aspirant dans ses profondeurs à la paix – que le fruit de la quête sera d’un moment inattendu mais qu’encore et surtout, cela préfigurera le résultat des urnes ».
Propos recueillis par Jean-Fernand KIHOULOU
Laisser un commentaire
|
Merci pour les éclaircissements qui sont mis en avant dans cet article: c’est bien pour la clarté des propos. Toutfois, faut-il comprendre que l’INP a été crée pour permettre au présient Sassou d’être reconduit dans la quiétude des esprit, mieux dans la paix. Si tel est le cas, c’est vraiment dommage de vouloir suppler le PCT et Le RMP qui à vous lire sont dans l’incapacité de sensibiliser les électeurs, mieux le peuple congolais pour l’enjeu qu’est l’élection présidentielle du mois de juillet. C’est encore dommage de constater que la quasi totalité des membres sinon des tenants de cette initiative soit des membres du RMP et du PCT. Quelle carence pour ces partis! Qui mieux que le peuple congolais est capable d’évaluer les conséquences d’une situation de non paix? Je crois et comme toujours, je peux me tromper, Faut-il penser que les hommes politiques que vous êtes considérer le peuple comme des imbéciles au point de penser qu’il a la mémoire courte? Au point de penser qu’il est similable à ceux qui sont caractérisés par un bébéisme chronique? Je pense et peut être, je me trompe, mais ceux à qui il faut adresser le message qui est le vôtrec’est davant les hommes politique aussi bien de la majorité que de l’opposition. Car si la paix venait un jour à être remis en cause ça sera de la faute à la classe politique sans exception. La situation qui caractérise cette élection, je peux la caracturiser de la sorte: c’est une compétition où le peuple représente les arbitres, les candidats sont les entraineurs et les équipes les partis politiques. Alors, soyez bons techniquement et tactiquement pour que vous puissiez faire l’histoire. Bien que: « ce n’est pas nous qui faisons l’histoire, c’est l’histoire qui nous fait » disait en son temps notre grand père commun Martin Luther King..
“le trottoir” du 16 Mai 2009 ?? vous êtes sûr ?
Oups ! je n’avais pas vu ça !
Merci Mr Abel-Roger pour la remarque… je vois que vous êtes un lecteur attentif !