Le président Denis Sassou N’Guesso, dont le mandat de sept ans arrive à son terme, a annoncé, le 6 juin, devant une foule de plusieurs dizaines de milliers de Congolais rassemblés sur le boulevard Alfred Raoul, à Brazzaville, sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 12 juillet prochain. Fini donc le suspense : Denis Sassou N’Guesso est candidat à sa propre succession.
Il a donné en ces termes une suite favorable à la forte pression exercée sur lui par les diverses composantes de la société congolaise qui l’invitaient à annoncer sa candidature : «Après avoir constaté que le peuple est mobilisé, que les populations de tous les départements ont apporté au président de la République un appui matériel important et l’ont invité à faire acte de candidature, et convaincus, avec votre soutien, de la nécessité de poursuivre notre tâche, nous disons aujourd’hui, 6 juin 2009, devant le peuple ici réuni et devant la nation, que nous avons écouté notre voix intérieure. Et nous avons décidé de faire acte de candidature à l’occasion de l’élection présidentielle de juillet 2009».
Ce message, réitéré en lingala puis en kituba, les deux langues véhiculaires du Congo, a suscité des chants et des cris enthousiastes du public qui avait envahi, dès les premières heures de la matinée, tout le parcours de l’ancien boulevard des Armées et ses environs, où des écrans géants avaient été placés par les organisateurs du «méga meeting».
Le public a salué avec autant d’enthousiasme les différents messages invitant le chef d’État à annoncer sa candidature. Ces messages ont été ceux prononcés au nom de la jeunesse, des femmes et de la société civile du Congo ainsi que ceux des acteurs politiques alliés et proches de l’actuel chef de l’État. Ainsi, tour à tour, Loïca Senga Bidié, Émilienne Ngondo, Théophile Obenga, Guy Brice Parfait Kolelas, David Charles Ganao, Jacques Joachim Yhombi Opango et Isidore M’vouba sont passés devant le micro, accompagnés par les meilleurs groupes musicaux des deux rives du fleuve Congo : les Bantous de la capitale, Patrouille des stars, Universal Zangul, Kingoli national et Extra Musica de Brazzaville ainsi que L’Or Mbongo, Wenge Musica BCBG et Wenge Musica Maison mère de Kinshasa.
«Les cadres, universitaires et intellectuels congolais soutiennent votre candidature», a dit en substance Théophile Obenga qui a fondé son propos sur «l’espoir» qu’offre un Congo pacifié, uni et solitaire dans sa quête de développement et de modernité. Alors que Bernard Kolelas, dans un propos rendu par l’actuel coordonnateur de son parti, réitérait le message d’unité que représentait ce méga meeting qui n’avait pour égal en mobilisation que celui organisé, dans le même lieu, en date du 22 novembre 1992 et dont Denis Sassou N’Guesso et lui-même avaient été les principaux animateurs. La paix, l’unité et la concorde nationales en vue de la construction d’un Congo moderne, tels ont été également les leitmotive des leaders de l’Union des forces démocratiques et du Rassemblement pour la démocratie et le développement, Charles David Ganao et Jacques Joachim Yhombi Opango. Ils ont tour à tour incité à «sortir de la posture de candidat implicite pour celle de candidat en acte».
Parmi les faits qui ont motivé le positionnement du chef de l’État à cette élection mentionnons également le périple qui l’a conduit successivement à Ouesso, dans le département de la Sangha, Dolisie dans le Niari, Nkayi dans la Bouenza, Sibiti dans la Lékoumou, Pointe-Noire, Hinda et Mvouti dans les départements de Pointe-Noire et du Kouilou, Owando et Mossaka dans la Cuvette, Lékety, Okoyo et Étoumbi dans la Cuvette-Ouest, Impfondo et Bétou dans la Likouala, Kinkala et Mindouli dans le Pool ainsi que Ngo et Djambala dans les Plateaux.
Cette tournée, organisée au cours des mois d’avril, mai et juin, a permis au président de la République de toucher du doigt l’adhésion des Congolais du nord au sud à ses efforts de paix et de construction du pays. Mais, après avoir annoncé sa candidature, Denis Sassou N’Guesso a souhaité que la mobilisation constatée ne faiblisse pas jusqu’au jour du scrutin. Entre temps, le rendez-vous a été pris pour la campagne électorale à partir du 26
juin. À cette occasion, «nous allons dire ce que nous souhaitons faire au cours des sept prochaines années», a affirmé Denis Sassou N’Guesso.
Source : Les Dépêches de Brazzaville
|