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Moins de 24 heures après le meeting du 6 juin 2009 au cours duquel le président Denis Sassou N’Guesso a, devant une foule immense rassemblée boulevard Alfred Raoul, solennellement déclaré sa candidature à l’élection présidentielle, Radio France Internationale (RFI) a diffusé une réaction de contestation du secrétaire général de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), Pascal Tsaty Mabiala. À l’occasion d’une rencontre avec la presse nationale et internationale venue couvrir le meeting de Brazzaville, le ministre Thierry M oungalla , qui s’exprimait en sa qualité de responsable de la commision communication du comité d’organisation du meeting du 6 juin, a tenu à apporter un éclairage sur ce qu’il a qualifié de déclarations «oiseuses et purement polémiques».
Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Monsieur le Ministre, quels sont vos commentaires sur les propos de M. Tsaty Mabiala réclamant, hier sur RFI, la déclaration du patrimoine du candidat Denis Sassou N’Guesso avant de poser sa candidature ?
Thierry Moungalla (T.M.) : J’ai bien entendu ce matin un membre de l’opposition déclarer que le président de la République ne pourrait pas, semble-t-il, être candidat parce qu’il n’aurait pas, conformément à la Constitution, déclaré son patrimoine, et que l’opposition entendait saisir les autorités judiciaires concernées pour demander l’invalidation de sa candidature. Je pense que l’opposition va trop vite en besogne. Le président a annoncé sa candidature d’abord. L’article 48 de la Constitution du 20 janvier 2002 déclare « tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonction et à la cessation de celle-ci, conformément à la loi. L’inobservation de cette obligation entraîne la déchéance des fonctions dans les conditions fixées par la loi ». Pour ceux qui lisent cet article, cela implique deux types de dispositions : celles d’application immédiate et celles qui ne s’appliquent qu’à partir du moment où un texte d’application est adopté par les autorités compétentes. Ce qui veut tout simplement dire qu’il faut un texte de loi. Une proposition de loi a été formulée au cours de la législature actuelle par les députés. Cette proposition de loi n’a pas abouti tout simplement parce qu’il y a probablement eu des divergences entre les uns et les autres. Et l’exécutif attendait d’obtenir le vote du Parlement pour promulguer la loi. L’article dit « tout citoyen élu et nommé ». Mais monsieur Tsaty Mabiala qui fait sa grande déclaration sur RFI est député ! Il est donc concerné par la loi. Mais est-ce qu’il a fait une déclaration de ses biens auprès d’un organe ? Il ne peut pas et il le sait, parce qu’il n’existe pas de cadre juridique puisqu’il faut une loi. Vous n’avez pas, dans la liste des conditions qui sont requises pour être éligible, obligation de faire une déclaration de patrimoine préalable ou concomitante à la candidature. Il ne faudrait pas qu’on vienne polluer le débat avec des considérations oiseuses et purement polémiques. Je renvoie M. Tsaty Mabiala à la cohérence, ou à l’incohérence en l’occurrence, de sa démarche. Nous attendons d’abord qu’il déclare, lui, ses biens pour que les autres citoyens suivent.
L.D.B. : On entend dire que c’est parce que le pouvoir est sûr de gagner dès le premier tour que la date d’un deuxième tour n’est pas fixée…
T.M. : L’article 64 de la Constitution renvoie à la loi électorale qui elle-même dit ceci : à partir du moment où aucun candidat à l’issue du premier tour n’a obtenu la majorité absolue du suffrage, il est organisé un second tour 21 jours après la date de proclamation du scrutin. Voilà ce que dit la loi électorale. On ne peut deviner d’avance pour des raisons qu’on peut bien imaginer, la date d’un deuxième tour. Donc, la constitution et la loi congolaise laissent une sorte de souplesse tout simplement, mais fixent une limite pour éviter justement que nous tombions dans l’arbitraire. Comment peut-on fixer un deuxième tour dont la date dépend d’une proclamation qui, elle-même, ne peut pas être connue d’avance ? Là aussi, je renvoie ceux qui font de la polémique oiseuse et stérile à leurs contradictions. Il faut que nous partions toujours des textes et regardions ce que dit la loi.
L.D.B. : Quel était l’objectif du meeting du 6 juin ?
T.M. : Le but n’était pas une « performance », mais plutôt de créer les conditions techniques pour que la fête soit belle. Et vous avez constaté qu’elle était belle. L’objectif était au fond d’accompagner l’important message du président Denis Sassou N’Guesso à l’endroit des Congolais. Message qui consistait à annoncer sa candidature au peuple et à expliciter les raisons pour lesquelles il souhaitait être candidat. Et je pense que, sur des deux points-là, nous pouvons considérer que l’objectif est atteint.
L.D.B. : À combien estimez-vous le nombre de personnes présentes boulevard Alfred Raoul ?
T.M. : Je crois qu’on peut tous faire des estimations aléatoires. Mais le boulevard des Armées au Congo est un endroit qui a connu dans le passé des manifestations politiques. On peut donc comparer à celles-là. Pour ceux qui connaissent Brazzaville, quand on déborde du boulevard au-delà du pont centenaire et du commissariat du Plateau des 15 ans, d’un côté, et qu’à gauche, on déborde quasiment jusqu’au Rectorat, c’est-à-dire en dépassant le stade Alphonse Massamba-Débat, on peut considérer qu’on a sur cet espace au moins 500 000 personnes. Parce que les meetings qu’il y a eu dans le passé et qui peuvent être comparés à celui-là ont tourné autour de 100 000 à 200 000 personnes. Et là, cela peut déjà être considéré comme un succès. De ce point de vue, on peut dire qu’un bon tiers, voire un peu plus, de la ville de Brazzaville était présent à ce méga meeting. Et cela confirme une fois encore la popularité du chef de l’État.
L.D.B. : Aucun incident ne serait à déplorer, semble-t-il, au cours de ce meeting…
T.M. : Non, nous n’avons pas eu de retour d’incident grave ou de blessure qui serait de caractère dramatique. 500 000 personnes, c’est presque une ville qui se déplace, et, bien entendu, des précautions avaient été prises en amont. L’absence même de retour d’incident montre que la manifestation s’est très bien déroulée.
L.D.B. : Le président de la République a, au cours du meeting, longuement parlé de paix. Peut-il avoir la paix si les conditions socioéconomiques ne sont pas réunies ?
T.M. : Objectivement, si nous regardons les sept dernières années, nous avons une direction d’ensemble qui nous conduit vers une consolidation de la paix que nous espérons définitive. La paix est un préalable à tout le reste. Depuis son retour aux affaires, mais surtout depuis son élection à la magistrature suprême en 2002, le président de la République a fait de la paix la condition sine qua non de la reconstruction du pays. De ce point de vue, nous considérons que le bilan du mandat est positif, puisque nous avons des conditions de stabilité et de paix qui ont permis, par exemple, le déploiement d’infrastructures qui parsèment notre pays. Et vous imaginez que sans paix civile il n’y aurait pas de possibilité de construire ce tissu économique.
Source : Les Dépêches de Brazzaville
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