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Gestion des fréquences entre Kinshasa et Brazzaville – Une commission mixte se charge du dossier

Kinshasa — Le Congo/Brazzaville veut régler définitivement le récurrent problème de gestion des fréquences avec la RDC. Les ministres de deux pays en charge des questions des télécommunications ont convenu au terme d’un entretien à Kinshasa de mettre en place un cadre permanent de concertation pour vider toutes les questions en suspens en vue de trouver une solution définitive à ce problème de gestion des fréquences.

Ce cadre de coopération et de concertation en matière de gestion des fréquences, consacré depuis mars 2008, se charge de la mise en place de trois groupes de travail sur la coordination des fréquences, la régulation du secteur postal et la coopération internationale.

Ainsi, déterminé à vider ce litige qui risque d’envenimer les rapports entre les deux capitales les plus rapprochées du monde, Brazzaville a délégué dernièrement à Kinshasa son ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de la communication, Thierry Moungalla, pour prendre langue avec son homologue congolais, Simon Bulupiy Galati, vice-Premier ministre, ministre des PTT.

Bien avant la traversée du fleuve Congo, Thierry Moungalla avait annoncé les couleurs dans une interview à «Les Dépêches de Brazzaville». «Nous demandons à nos frères de la RDC de respecter les engagements diplomatiques pris dans le cadre du mémorandum d’entente signé en mars 2008. Il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une application stricte du droit international qui fasse que les fréquences soient réparties par l’Union internationale des télécommunications (UIT) », a-t-il indiqué.

Des avancées significatives

La rencontre de Kinshasa a permis de baliser la voie pour arriver à une solution définitive. De l’avis de Thierry Moungalla, «il appartiendra aux organes techniques compétents, notamment l’agence de régulation du Congo et son homologue de la RDC de trouver la traduction technique des conclusions politiques auxquelles nous serons arrivés ». Une détente qui devait donc apaiser les tensions déjà perceptibles entre les deux capitales, même si aucune déclaration incendiaire de part et d’autre n’a été enregistrée jusqu’alors.

Mais, n’empêche qu’on a frôlé un différend diplomatique. Car, dans son interview à «Les Dépêches de Brazzaville», Thierry Moungalla n’excluait pas la possibilité, à l’absence de tout compromis à l’amiable, de faire appel à l’Union international des télécommunications pour départager les deux parties. «Au cas où le problème n’est pas résolu, soit au niveau politique, technique où bilatéral, nous saisirons les instances habilité, notamment l’UIT pour assurer la médiation afin de trouver solution à ce problème. Si le blocage persiste, nous avons la possibilité de faire intervenir l’organisme de l’Onu qui chargé de la gestion des fréquences», a-t-il déclaré.

A en croire le vice-Premier ministre en charge des PTT, Simon Bulupiy, Kinshasa s’est montré favorable à une solution concertée, en vue de mettre fin aux interférences et à la gestion des fréquences entre les deux pays. Concernant notamment la mise en d’une équipe mixte composée des responsables et des experts des deux pays, Simon Bulupiy a clairement affiché ses impressions: « Je voudrais que ce travail se réalise sans heurt, et que vous puissiez nous donner une feuille de route. Par exemple, comment libérer une fréquence à telle date pour la satisfaction de la République du Congo ».

Par ailleurs, il a rappelé que la mise en place de cette équipe mixte était un engagement de son gouvernement à trouver une solution « définitive » à la gestion commune des fréquences entre les deux pays. Le vice-Premier ministre a conseillé aux experts de deux pays de prendre en compte l’avènement de fibre optique car, a-t-il ajouté « Nous voulons un apaisement définitif pour cette fois, afin que nos sommeils soient bercés par les vagues du fleuve Congo ».

Concernant les interférences aéroportuaires récemment repérées sur les tours de contrôle de Brazzaville et Pointe-Noire, les deux parties ont convenu qu’une opération de vérification de bandes des fréquences concernées, sur une période d’une semaine, devrait permettre d’en déterminer l’origine.

Réactiver le mémorandum de 2008

Évoquant la question globale des fréquences, les ministres Simon Bulupiy Galati et Thierry Moungalla ont décidé de réactiver le mémorandum conclu à Brazzaville par les deux gouvernements en mars 2008. Ce mémorandum prévoyait, dans un chronogramme, la restitution par la RDC des fréquences congolaises, grâce aux sous-commissions qui devraient pour chaque segment (audiovisuel, GSM…) trouver des solutions appropriées. Les ministres ont par ailleurs abordé, dans le cadre des questions de politique générale, l’interconnexion des futurs réseaux de fibre optique via le fleuve Congo.

A noter que la coordination des fréquences radiodiffusion (radiophonique et télévisuelle) attribuées par l’Union internationale des télécommunications (UIT) a identifié 13 canaux de Brazzaville utilisés par les opérateurs de Kinshasa. Cependant, deux canaux de Kinshasa sont actuellement exploités par ceux de Brazzaville. Les deux pays ont été pris de fournir la liste exacte des fréquences attribuées conformément au plan de l’UIT adopté en 1989.

Source : Le Potentiel