Nommée par le Conseil des ministres du 30 décembre dernier en qualité de directrice générale de la Société des Postes et de l’Epargne du Congo (Sopeco), Brigitte Olga Manckoundia s’est engagée mardi 5 janvier à faire preuve de transparence afin de préserver le climat social qui a longtemps prévalu au sein de la société.
L’engagement de la nouvelle directrice a été exprimé à l’occasion de la passation de témoin avec l’ancien gestionnaire de cette structure, Roger Mankedi, a qui beaucoup de griefs ont été reprochés par les partenaires sociaux, notamment le syndicat le Postier.
La cérémonie de passation de consigne entre le directeur général entrant et le sortant a eu lieu au cabinet du ministre de tutelle, en présence du directeur de cabinet du ministre Thierry Moungalla, Ferdinand Mvouondo. « Je m’efforcerai de faire preuve de transparence parce que si les ressources humaines sont conscientes que nous avons des problèmes de moyens financiers, elles ne pourront pas suspecter une mauvaise gestion », a déclaré Brigitte Olga Manckoundia.
Créée en 2003 à la suite de la scission dissolution de l’Office national des postes et télécommunications (Onpt), la Sopeco a brillé depuis sa mise en place par une situation financière difficile, caractérisée, entre autres, par une crise sociale du fait de la méfiance créée par l’administration générale vis-à-vis des représentants des employés, et de la mise à l’écart de certains employés sans poste.
Dans le cadre de sa remise en ordre, la société avait pourtant, en janvier 2008, mis en place un plan d’action de trois ans (2008-2010) d’une valeur de 6 milliards de Fcfa. Ce plan qui s’inscrivait dans le cadre de la diversification de services, n’a pu donner les résultats escomptés pour assurer un réellement développement de la société.
Longtemps mis en index, notamment par le ministre de tutelle, Thierry Moungalla qui appelait, en octobre 2009, l’administration de cette société à faire un état des lieux pour des meilleurs perspectifs, la Sopeco avait été invité, en à faire preuve d’une orthodoxie financière par le procureur général près la cour des compte.
« Je souligne qu’il conviendra également de mettre fin à un paradoxe sur le fait que des services à fort potentiel restent souvent non générateurs de profits. À cet effet, les prochains mois doivent voir la Sopeco s’engager résolument sur des nouveaux objectifs », précisait le ministre des Postes et télécommunications.
Consciente quant à elle des pratiques financières peu orthodoxes de la Sopeco, Yvonne Kimbembé déclarait en novembre 2009 : « Nous sommes en possession de nombreux dossiers qui démontrent l’existence de pratiques financières peu orthodoxes à la Sopeco. Je suis venue vous rencontrer pour m’en assurer. »
L’observation faite par le procureur de la République a été suivie d’effet par les syndicalistes, notamment le Postier qui s’est dit satisfait de la démarche amorcée par la Cour des comptes, et de discipline budgétaire. Un expert a été commis, qui contrôle actuellement les comptes de la société.
Guy-Gervais Kitina (Les dépêches de Brazzaville)