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L’administrateur général de la société publique Congo-Télécom, M. Akouala, a été suspendu de ses fonctions, à titre conservatoire, par décision n°006 MPTC/CAB du 6 février 2010, signée du ministre des postes, des télécommunications et des nouvelles technologies de la communication, Thierry Lézin Moungalla. Cette décision fait suite à la présomption de fraude sur les appels téléphoniques entrants au Congo, à la suite d’une enquête conduite par Julien Epola, inspecteur général des postes et télécommunications. Lors d’une descente effectuée le 4 février dernier, à l’agence de Congo-Telecom, à Ouenzé, à la surprise de tous, on a découvert des manipulations techniques de nature à substituer les appels téléphoniques internationaux entrants en appels locaux. L’enquête se poursuit encore et l’intérim de M. Akouala est assuré par son adjoint, Emmanuel Koukambakana.
Le système de contrôle des appels entrant a été mis en place par le gouvernement congolais grâce au concours du groupe américain G.v.g, (Global voice group), pour avoir une maîtrise de ces appels qui échappaient à la fiscalité nationale, occasionnant ainsi un manque à gagner pour le Congo. La maîtrise du contrôle de ces appels entrants devrait, d’après les premiers essais, rapporter au pays la somme de 1,8 milliard de francs Cfa par mois, selon les estimations établies après cet essai. Cette somme devrait être repartie entre l’Etat et les différents opérateurs bénéficiant d’une licence d’exploitation G.s.m au Congo.
Malheureusement, depuis un certain temps, un opérateur non identifié trafiquait le réseau sur les appels entrants, à partir de l’agence Congo-Télécom de Ouenzé, située non loin du rond-point Koulounda. A qui profitait ce trafic? Qui a autorisé cet opérateur inconnu de s’installer dans les locaux de Congo-Telecom et d’utiliser ses installations sans attirer l’attention du swith-manager ni même des techniciens de Congo-Télécom et de son administrateur général? Autant de questions qu’on peut se poser.
L’opérateur frauduleux non encore identifié utilisait, selon un cadre du ministère interrogé à ce sujet, 64 kilobits, permettant ainsi à ses abonnés d’appeler le Congo depuis l’étranger mais l’appel ne paraissant que local. De telle sorte que ces appels internationaux, maquillés en appels locaux, échappaient à la taxe des appels internationaux entrants. Ces appels entrants trafiqués commençaient à se multiplier, attirant, du coup, l’attention des différents opérateurs qui constataient des brouilles sur leurs tableaux de contrôle des appels. La société américaine G.v.g constatait aussi la présence d’un opérateur pirate sur le réseau congolais. Aussitôt informé, le ministre Thierry Lézin Moungalla a instruit l’inspecteur général des postes et télécommunications, de diligenter une enquête, afin de savoir ce qui se passe réellement. Cette enquête a permis de localiser le trafiquant dans les installations techniques de Congo-Télécom à Ouenzé. D’où la descente sur les lieux, de l’inspecteur général, accompagné d’un huissier de justice et des agents de la force publique.
Le procès verbal dressé après le constat fait ressortir une présomption de fraude. En attendant les conclusions de l’enquête en cours, le ministre Moungalla a pris la décision conservatoire de suspendre M. Akouala, l’administrateur général de Congo-Télécom. En tant que patron de la maison, il aurait été le premier à réagir devant cette situation troublante de présence d’un opérateur frauduleux dans le réseau. Or, tout s’est passé comme si de rien n’était, alors que l’Etat perdait de l’argent. Y-a-t-il eu complicité jusqu’à son niveau? C’est ce que l’enquête devra démontrer. De même, le swith-manager de Congo-Télécom, Jean-Pierre Ngakegni est, également, suspendu de ses fonctions, à titre conservatoire.
Signalons que la restructuration des entreprises d’Etat et la construction de nouvelles infrastructures sont les deux objectifs majeurs fixés par le président de la République au Ministère des postes, des télécommunications et des nouvelles technologies de la communication. Lors de son entretien, du 19 novembre 2009, avec les cadres et personnels de Congo-Télécom, le ministre Thierry Lézin Moungalla avait réitéré la volonté du gouvernement de sauver cette société, en tant que patrimoine national. Doit-on inscrire ces suspensions dans le cadre de cette restructuration? En tout cas, l’enquête ouverte à ce sujet nous édifiera mieux.
Cyr Armel YABBAT-NGO (la semaine Africaine)
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