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Historique des Postes et Télécommunications du Congo

Dans le cadre de rappel des repères historiques au moment où la Congo vient de célébrer récemment ses cinquante ans d’indépendance, Julien EPOLA – Inspecteur Général des Postes et Télécommunications – a animé une conférence débat, mardi 10 Août dernier, en présence du Ministre des Postes et Télécommunications chargé des NTIC, Thierry MOUNGALLA Lezin MOUNGALLA, et de quelques autres membres du Gouvernement, des opérateurs en téléphonie mobile ainsi que des cadres exerçant dans le domaine des Postes et Télécommunications.

Avant l’indépendance, le territoire congolais était déjà desservi par le service des postes, des télégraphes et des téléphones de l’administration coloniale, a rappelé le conférencier. Et les réseaux locaux dépendaient du Ministère de la France d’Outre-mer, tandis que les réseaux internationaux, eux, dépendaient du Ministère Français des Postes et Télécommunications. Les produits commercialisés étaient le télégraphe et le téléphone, en ce qui concerne les Télécommunications. Les lettres, les paquets, les mandats, la caisse d’épargne, les chèques postaux … relevaient des Postes.

L’historique des postes et télécommunications comprend deux parties essentielles, à savoir : les postes et télécommunications, de 1960 à 1997, puis de 1997 à 2010.

De 1960 à 1997

C’est pendant la période de 1960 à 1997 que l’Office National des Postes et Télécommunications (ONPT) a été créé, précisément en 1964 par la loi 09/64 du 24 Juin 1964 sous la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial, ainsi que ses différents modes d’administration, succédant ainsi à l’Office des Postes et des Télécommunications de l’Afrique Equatoriale française qui a survécu jusqu’en 1964 et dont le Directeur Général – un Français – résidait à Brazzaville avec des représentants dans les nouveaux Etats indépendants.

Le Congolais Mathias MAVOUNIA, ancien receveur principal de Brazzaville, fut nommé le 1er janvier 1963 en qualité de Directeur de l’Office Equatorial des Postes, des Télégraphes et Téléphones, par le Président de la République.

L’ONPT qui avait le monopole postal, téléphonique et télégraphique n’exerçait pas celui des télécommunications internationales concédées à la société France Câbles et Radio. Suite à l’application d’une convention du 22 octobre 1960, les télécommunications internationales vont être gérées par Intelco, une société congolaise dont les activités commerciales et le recouvrement des créances seront assurés par l’ONPT. Ces deux structures seront fusionnées, en 1978. La gestion des télécommunications Internationales va revenir à l’ONPT qui sera chargé de l’exploitation du service public des postes et télécommunications sur toute l’étendue du territoire national et sur le plan international.

Il faut noter que les postes et télécommunications ont connu quatre modes d’administration, notamment : Des directions générales dirigées par des directeurs généraux, de 1960 à 198 ; des directions générales dirigées par des directeurs généraux présidents, de 1983 à 1997 ; des directions générales dirigées de nouveaux par des directeurs généraux ; des directions générales dirigées par des administrateurs généraux, de 2003 à aujourd’hui.

Dans ces différents modes de gestion, la particularité est que les directeurs généraux rendaient comptent au Conseil d’Administration ou au Comité de direction pour adoption des programmes d’action et des budgets. Tandis que les directeurs généraux président, eux-mêmes, les Conseils d’Administration et ne rendent compte qu’à ces mêmes conseils.

Et quand vint l’essor du réseau et des produits postaux, tous les chefs lieu de district et les postes de commandement administratif (PCA) disposaient d’un bureau de poste de plein exercice.

Tous les grands villages étaient desservis par les correspondants postaux qui sont actuellement fermés. La poste congolaise couvrait tout le territoire national et exploitait tous les envois de la poste aux lettres, le courrier accéléré, les colis, les mandats, les valeurs à recouvrer, les retraits et les dépôts d’argent dans les centres des chèques postaux.

Le conférencier a fait savoir que la caisse nationale d’épargne, créée par la loi n° 8-64 du 25 juin 1964, a fonctionné comme un appendice de l’ONPT qui assurait la vente de ses produits et le recouvrement de ses créances. La caisse nationale d’épargne était parmi les meilleures d’Afrique. Jusque dans les années 80, a ajouté Julien EPOLA, la distribution à domicile était assurée à Brazzaville, pendant que la configuration de la ville de Pointe-Noire rendait cette action difficile. « (…) A cette époque, les agents de l’Etat et les retraités percevaient leurs salaires et leurs pensions de retraité dans les bureaux de poste des lieux de leur résidence (…) ».

Cependant, concentré autour de Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie dans les années 70 et 80, le réseau des télécommunications s’est étendu progressivement à tous les chefs lieux de régions et de quelques districts grâce au développement des transmissions par faisceaux hertzien. « (…).

A cette époque, les produits de télécommunications étaient essentiellement le téléphone fixe, le télégramme et la phonie (…) », a dit Julien EPOLA qui a souligné qu’ « après l’indépendance, les postes et télécommunications du Congo ont connu un développement et une modernisation appréciables ».

De 1997 à 2010

Cette période est marquée par la mise en place des réformes institutionnelles, le déclin des réseaux publics des postes et des télécommunications, le développement rapide des réseaux de la téléphonie mobile.

Ainsi, les réformes institutionnelles ont permis l’ouverture des marchés avec la libéralisation de certains services fournis par les opérateurs privés autorisés. Et le domaine du monopole des télécommunications à la fourniture des services de base – ; le téléphone, le télégraphe et le télex – était par l’article 1 de la loi n° 14-97 du 20 mai 1999. « (…) Du point de vue pratique, il n’est resté sous le monopole que la téléphonie fixe. Cette loi consacre la séparation de la fonction de règlementation réservée à l’état de celle de l’exploitation dévolue aux opérateurs (…) », a précisé le conférencier. Et les missions de règlementation, de régulation et d’inspection étaient alors assurées par la DGACPT (Direction Générale de l’Administration Centrale des Postes et des Télécommunications), créée en 1989.

A ce moment, les sociétés Celtel Congo et Libertis devenus respectivement Zain et MTN seront les premières à acquérir les licences d’installation et d’exploitation des réseaux de téléphonie mobile de type GSM, en 1999. Auparavant, en 1995, un réseau de téléphonie mobile de type D-AMPS s’était installé au Congo sur autorisation spéciale du Gouvernement. Cette société a fermé en 2001 suite à une faillite qu’a connue Cyrus, la société exploitante. Deux autres licences ont été accordées respectivement à Warid Congo en 2006 et à la société Equateur Télécom en 2009.

Par ailleurs, des opérateurs privés de la messagerie physique (GX Internationale, DHL, SDV…) se sont installés dans le secteur postal, sous l’influence de la libéralisation du secteur des télécommunications. Cette situation, devenue gênante, a fini par imposer l’octroi des autorisations aux gros exploitants alors que le marché n’étant pas encore réglementé par un texte spécifique. C’était pour éviter la désorganisation du marché.

Aussi, deux régimes – les services relevant du monopole exercé par la SOPECO, les services concurrentiels exploités par tout opérateur autorisé – ont été institués par la loi n° 10-2009 du 25 novembre 2009, réglementant, le secteur postal.

Dans le cadre de la réorganisation des organismes techniques, l’ONPT sera dissout par Ordonnance n° 8-2001 du 1/07/2001. Sur ses cendres naitront la SOPECO – par Ordonnance n° 10-2001 du 1/07/2001 – et SOTELCO, actuellement Congo Telecom par Ordonnance n° 11du 1/07/2001. « (…).

Malheureusement, cette reforme a entrainé une grande suppression d’emplois et un ralentissement des activités techniques et commerciales (…) », a fait remarquer Julien EPOLA.

La DGACPT sera aussi dissoute en novembre 2009 pour donner naissance à : Une Agence de Régulation des Postes et des Communications Electroniques (loi n° 11-2009 du 25 novembre 2009) ; Une Direction Générale des Postes et des Télécommunications (décret n° 2009-476 du 2’ décembre 2009) ; Une Inspection des Postes et des Télécommunications (décret n° 2009-476 du 24 décembre 2009 portant réorganisation du Ministère des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de la Communication ).

Toute cette organisation permet de mieux gérer et de mieux administrer les marchés des postes et des télécommunications du Congo dont les réseaux publics des postes et de télécommunications ont été fortement dégradés depuis les conflits armés. Conséquence, les taux de couverture n’atteignent pas 40% aujourd’hui et l’offre des services a été également très réduite. Le réseau postal est resté avec 1/3 seulement de ses structures.

En dépit de tous ces aspects, le Congo connaît actuellement une forte densité téléphonique grâce aux efforts des sociétés de téléphonie mobile, depuis 1999. Toutes les régions sont quasiment couvertes. A côté de cela, le taux de pénétration des NTIC est en pleine croissance dans la société congolaise. « (…).

Dans ce cadre, les réformes institutionnelles ont constitué un élément de progrès socio-économique », a connu Julien EPOLA, avant qu’interviennent les débats.

Au cours des débats qui ont été plutôt un échange fructueux, le Ministre Thierry MOUNGALLA est intervenu pour souligner l’aspect politique de la gestion des postes et télécommunications. Aussi, a-t-il rappelé que c’est en 1962 que l’on commença à parler du Ministère des Postes et Télécommunications chargé des Nouvelles Technologies de la Communication géré par Isaac IBOUANGA. Avec l’évolution, les années qui ont suivies après l’indépendance, cette fonction (Ministère disparaissait de temps en temps dans les différents Gouvernements.

Au début des années, a poursuivi Thierry Lezin MOUNGALLA, cette fonction est rattachée au Ministère de l’Intérieur qui, a-t-il précisé, est un Ministère de souveraineté. Les postes et Télécommunications étaient aussi rattachées à la Présidence du Conseil d’Etat, a-t-il fait savoir. Et, à la fin des années 70, il y a eu une autre forme de gestion – les postes et télécommunications ont été rattachées au Ministère de l’Information – « pour des raisons de connexité probablement », a relevé Thierry MOUNGALLA avant ajouter que c’est en 1997 que le Président Denis SASSOU NGUESSO a jugé l’utilité d’un Ministère des Postes et Télécommunications chargé des NTIC.

© Le Trottoir du 8 Septembre 2010

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