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Le projet central Africa Backbone (CAB) cofinancé par le gouvernement et la Banque mondiale (BM) s’intègre entièrement dans la stratégie nationale en matière d’infrastructures et contribue à confirmer la position du Congo en tant que hub sous-régional
Le ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de la communication, Thierry Lezin Moungalla, a lancé ce projet officiellement pour le Congo, le 13 décembre, à l’ouverture des travaux des ateliers sous-régionaux des experts en télécommunications de l’Afrique centrale.
Ce projet intègre le projet régional d’interconnexion des réseaux de télécommunications haut débit à fibre optique. Il vise à mettre en place une infrastructure dorsale terrestre en fibre optique pour relier numériquement les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) au reste du monde, à travers l’accès aux câbles sous-marins longeant la côte occidentale de l’Afrique.
S’agissant du Congo, les premiers signes de concrétisation du projet ont démarré en mai dernier, avec l’approbation par le conseil d’administration de la BM du prêt pour le programme de télécommunications de très haut débit en Afrique au Congo de 15 milliards de FCFA. À côté des activités institutionnelles du projet, l’unité de coordination chapeautée par Luc Missidimbazi a également rempli quelques conditions, dont l’obtention des fonds de la contrepartie gouvernementale.
Selon le ministre Thierry Lezin Moungalla, le CAB coïncide avec l’ambition du gouvernement congolais de faire des technologies de l’information le moteur de la croissance du pays dans les années à venir. Depuis le 25 janvier de l’année en cours, il s’est connecté au réseau à haut débit en accueillant le câble marin du projet WACS. Ce premier module s’accompagne d’un ouvrage terrestre, la station terminale. Le projet dans son deuxième module, le déploiement terrestre de la fibre optique, est très avancé dans son implémentation.
Tandis que le troisième module consistera à la mise en œuvre d’une cyber-stratégie impliquant l’ensemble des couches sociales du pays. « Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large des initiatives que le gouvernement a mises en chantier depuis quelques années aux fins de doter le Congo d’un environnement technologique et juridique propice à l’investissement et la croissance économique et de répondre ainsi à l’ambition de la République en matière de TIC, qui va transformer la société congolaise actuelle en société de l’information inclusive », a expliqué le directeur des opérations de la BM des deux Congo, Eustache Ouayoro.
En outre, ce dernier a relevé qu’en 2010, le continent africain souffrait encore du fossé numérique : 21% dans un pays en développement contre seulement 9,1% en Afrique ; moins de 1% de pénétration haut débit en Afrique et uniquement 120 connexions ADSL au Congo. « Le coût actuel d’une connexion satellite à 1Mbps/mois est entre 4000-5000 dollars contre un coût de connexion par câble sous-marin de 600 dollars en Afrique de l’Est », a renchéri Eustache Ouayoro.
Ainsi, le projet a pour objectifs : de diviser par quatre le prix de l’Internet pour être revu à moins de 80 dollars ; de multiplier par trois le nombre d’usagers Internet de 6 à 18 abonnés pour 100 habitants ; et aussi par dix le volume de trafic Internet par usager, de 51 à plus de 500 bits par seconde par personne.
Un projet d’intégration régionale (LDB)
Par ailleurs, avec quatre opérateurs, le secteur de la téléphonie mobile est devenu l’un des plus actifs de la sous-région, avec plus de 3,9 millions d’abonnés déclarés, pour un taux de pénétration de plus de 95% au troisième trimestre 2011.
Néanmoins selon le directeur des opérations de la BM, si le Congo a l’ambition de confirmer sa position de hub sous-régional, il a de nombreux défis à relever, tels le manque d’infrastructure terrestre de nouvelle génération, la marginalisation des services d’Internet à haut débit et une mauvaise qualité de service ainsi que des prix excessifs.
Le projet CAB s’inscrit dans une stratégie nationale, d’interconnexion des initiatives publiques comme la station d’atterrage WACS et les réseaux de collecte nationaux. En même temps, du point de vue de l’intégration sous-régionale, il permettra la mise en place de liens de maillage inter régionaux (Tchad, Centrafrique, Cameroun, Gabon et République Démocratique du Congo). « Nous espérons que le projet CAB au Congo se positionne rapidement comme une référence et une bonne pratique internationale pour la promotion et le développement des TIC, et pour favoriser l’intégration économique régionale », a conclu Eustache Ouayoro.
Nancy France Loutoumba
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